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INITIATION à LA PERFECTION®
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Le ciel raconte la gloire de Dieu Et la terre et la mer chantent sa grandeur.
Tu fis le soleil pour gouverner sur le jour Annonçant l’autre Soleil Illuminant le monde… Jamais la nuit ne le vaincra, Il s’endort dans la mer Pour se lever de terre Comme Il se lève d’entre les morts.
Tu fis la mer d’où sont nés les vivants, qui libéra ton peuple De la servitude d’Egypte, Qui porta le Sauveur dans la barque endormi Et qui baigne nos corps Lavés par le baptême.
Et tu fis les rochers Pour nous redire encore Que c’est toi le Rocher, Le Rocher qui résiste Aux vagues tempétueuses, Le Rocher où s’accroche ton peuple.
Et quand le soir arrive Tu passes d’un trait rouge L’horizon de la mer, Il fera beau demain comme il fera beau sur ton peuple.
Le ciel raconte la gloire de Dieu Et la terre et la mer chantent notre espérance.
De la perfection divine et que Dieu fait tout de la manière la plus souhaitable.
La notion de Dieu la plus reçue et la plus significative que nous ayons, est assez bien exprimée en ces termes que Dieu est un être absolument parfait, mais on n’en considère pas assez les suites et pour y entrer plus avant, il est à propos de remarquer qu’il y a dans la nature plusieurs perfections toutes différentes, que Dieu les possède toutes ensemble, et que chacune lui appartient au plus souverain degré. Il faut connaître aussi ce que c’est que perfection, dont voici une marque assez sûre, savoir que les formes ou natures qui ne sont pas susceptibles du dernier degré, ne sont pas des perfections, comme par exemple la nature du nombre ou de la figure. Car le nombre le plus grand de tous (ou bien le nombre de tous les nombres), aussi bien que la plus grande de toutes les figures, impliquent contradiction, mais la plus grande science et la toute-puissance n’enferment point d’impossibilité. Par conséquent la puissance et la science sont des perfections, et, en tant qu’elles appartiennent à Dieu, elles n’ont point de bornes. D’où il s’ensuit que Dieu possédant la sagesse suprême et infinie agit de la manière la plus parfaite, non seulement au sens métaphysique, mais encore moralement parlant, et qu’on peut exprimer ainsi à notre égard que plus on sera éclairé et informé des ouvrages de Dieu, plus on sera disposé à les trouver excellents et entièrement satisfaisant à tout ce qu’on aurait pu souhaiter.
Qui veut arriver à la plus haute perfection de son être et à la contemplation de Dieu, du Bien suprême, il faut qu'il ait une connaissance de lui-même, comme de ce qui est au-dessus de lui, jusqu'au fond. Ce n'est qu'ainsi qu'il arrive à la plus haute pureté. C'est pourquoi, cher être humain, apprends à te connaitre toi-même, cela t'est meilleur que si tu connaissais les forces de toutes les créatures ! Parlons maintenant des sens intérieurs ou des puissances supérieures de l'âme ! Nous distinguons les plus basses et les plus élevées. Les plus basses sont un moyen terme entre les puissances plus hautes et les sens extérieurs. Elles s'étendent jusque tout près de ceux-ci : ce que l'œil voit, ce que l'oreille entend, le sens le présente tout d'abord au désir. Si ici on prend position correctement le désir le présente à son tour à la deuxième des puissances : la considération. Celle-ci le mène à l'appréciation et le présente ensuite de nouveau à la faculté de discernement ou à l'intellect. Ainsi elle est décantée toujours davantage pour être reçue par les puissances supérieures. Car l'âme possède la noble faculté de dépouiller ce qu'elle reçoit de la ressemblance avec elle-même et de tout caractère sensible et de l'apporter ainsi aux puissances supérieures, où c'est conservé par la mémoire, pénétré par la raison et accompli par la volonté. Ce sont là les puissances les plus hautes de l'âme. Elles sont contenues dans une nature : tout ce que l'âme opère, c'est sa nature simple qui l'opère, et cela par le moyen des puissances. Maintenant on dira : qu'est-ce que c'est que la nature de l'âme. Ici faites bien attention : la dernière certitude dans l'âme c'est la nature toute simple de l'âme. Cette nature de l'âme est si délicate que l'espace la préoccupe si peu, comme si elle n'était pas du tout en lui. Là où l'âme aime elle est davantage que là où elle donne la vie. La mémoire a le don de conserver ce qui est donné - tout ce que les autres puissances apportent en elles. La seconde puissance, la raison, est si noble : quand elle se tourne vers le Bien suprême, vers Dieu lui-même toutes les autres puissances doivent de leur mieux se tenir à son service. La troisième puissance, la volonté, possède le don d'exiger ce qu'elle veut, d'interdire ce qu'elle ne veut pas, ce qu'elle ne veut pas elle en est libre et affranchie.
Parmi les maîtres on dispute si la raison doit avoir la prééminence ou si c'est la volonté ? Voyez ! c'est ainsi qu'il en est avec ces deux puissances : les choses qui sont maintenant pour nous trop élevées, la raison les remarque pourtant. En revanche c'est la volonté seule qui peut toutes choses. C'est ce dont témoigne saint Paul quand il dit : "Je peux toutes choses avec Dieu qui me fortifie." Quand, donc, la raison ne peut aller plus loin, alors la volonté, à la lumière et dans la force de la foi, prend son essor au-dessus d'elle. Là la volonté veut être supérieure à toute connaissance. C'est sa plus haute performance. Eh bien, voyez ! Encore que la volonté ait la liberté de faire et de ne pas faire ce qu'elle veut, néanmoins elle n'accomplit pas cette élévation suprême seule et par sa propre force, mais elle y est aidée pour une part aussi bien par les autres puissances que par la foi. Cette aide est de la nature suivante. Aux puissances est commune la nature simple de l'âme; c'est elle aussi qui réalise cet essor dans la volonté. Ce sont donc aussi les autres facultés, en tant qu'elles sont contenues également dans la nature simple de l'âme, qui sont les causes de l'élévation. Ceci est une aide. Allons plus loin et demandons-nous quelle est dans la trinité de l'âme la puissance dans laquelle la foi jaillit la première. C'est celle du milieu : la foi prend naissance dans la connaissance. Mais c'est dans la volonté qu'elle porte des fruits - et la volonté à son tour porte des fruits dans la foi. Ainsi donc la lumière de la foi est, elle aussi, cause de cette élévation. Ceci est, derechef, une aide. Et il y a lieu de parler encore d'une autre aide. La raison est tournée vers le dehors : elle entend et perçoit; par là elle accomplit ensuite son œuvre de séparation, de mise en ordre et de placement. Mais même si elle s'adonne à son œuvre avec la plus grande perfection, elle a néanmoins toujours quelque chose au-dessus d'elle qu'elle ne peut approfondir. Mais toujours est-il qu'elle reconnaît pourtant qu'il y a là encore quelque chose au-dessus d'elle. Ceci, elle le fait donc savoir à la volonté - non en tant qu'elles sont deux facultés séparées, mais au contraire dans l'unité de la nature qui leur est commune. Par cette indication la connaissance donne à la volonté de l'élan et la fait entrer dans ce domaine qui est au-dessus d’elle.
A cet égard, la raison se tient au-dessus de la volonté. Par contre, si on envisage chacune en ses opérations propres il faut reconnaître à la volonté une certaine supériorité, là c'est elle qui a la mission la plus noble : elle est l'objet des largesses du souverain Bien, de Dieu même. Que reçoit-elle ? La grâce, et dans la grâce le Bien suprême lui-même. Ce qui ainsi échoit à l'âme en partage, cela lui échoit uniquement par le moyen de la volonté. Pourtant ce n'est pas la volonté elle-même qui reçoit la lumière, car ce n'est pas son genre de recevoir, mais par le don de la grâce du souverain. Bien les autres puissances sont, dans la nature simple de l'âme, affermies, et ainsi est allumée la lumière du Saint-Esprit dans cette première des puissances. Cette lumière façonne ensuite l'âme en y déployant toute son action. C'est pourquoi Isaïe dit : "C'est Dieu qui opère toute nos œuvres ! " C'est la lumière de la grâce -qu'en raison de cette lumière éclairante nous appelons la lumière naturelle. C'est un signe infaillible de cette lumière de la grâce, quand un homme d'un mouvement de la libre volonté quitte les choses temporelles pour se tourner vers le souverain Bien, vers Dieu. Voyez ! nous devrions l'aimer d'avoir accordé à l'âme un don si élevé : quand elle a déjà fait tout ce qu'elle peut faire, la volonté a encore, dans sa particularité, la liberté de prendre son essor et de parvenir de l'autre côté, dans la connaissance qui est Dieu même. Seul cet essor élève l'âme sur le sommet de la perfection. En vérité quel être merveilleux Dieu a ainsi créé de rien à sa propre image !
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