ALZHEIMER®
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Fondatrice Martha Bernys.
La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative reliée au vieillissement. Elle engendre un déclin progressif des facultés cognitives. Peu à peu, une destruction des cellules nerveuses se produit dans les régions du cerveau responsables de la mémoire et du langage.
Avec le temps, la personne atteinte a de plus en plus de difficulté à mémoriser les événements, à reconnaître les objets et les visages, à se rappeler la signification des mots et à exercer son jugement.
La maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus fréquente chez les personnes âgées; elle constitue environ 65 % des cas de démence. Le terme démence englobe, de façon bien générale, les problèmes de santé marqués par une diminution irréversible des facultés mentales. Cette maladie se distingue par sa progression habituellement lente et par le fait qu’elle touche surtout la mémoire à court terme, dans ses débuts.
Quelle différence y a-t-il entre le vieillissement normal et la maladie d’Alzheimer?
La réponse de Judes Poirier, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas :
« À partir de l’âge de 30 ans ou de 40 ans, on perd en moyenne entre 4 % et 10% de nos neurones tous les dix ans. Si l’on avait la chance de vivre 150 ou 160 ans, il est quasiment certain que nous aurions tous la maladie d’Alzheimer. Et aussi la maladie de Parkinson. Parce que, d’un point de vue biologique, lorsqu’on perd de 70 % à 80 % des neurones d’une région du cerveau, on déclenche soit la maladie de Parkinson, si les pertes se font dans les régions impliquées dans le mouvement, soit la maladie d’Alzheimer, si les régions touchées sont celles de la mémoire. Cette situation ultime décrit bien le vieillissement normal. Comme on ne vit pas si longtemps, on peut présenter la maladie d’Alzheimer comme une forme très accélérée de vieillissement. La maladie émerge alors à 60 ou 65 ans plutôt qu’à 150 ou 160 ans. »
La maladie d’Alzheimer touche environ 1 % des personnes âgées de 65 ans à 69 ans, 20 % des personnes ayant entre 85 ans et 89 ans, et 40 % des personnes ayant entre 90 ans et 95 ans.
Il est estimé qu’un homme sur huit et une femme sur quatre en souffriront au cours de leur existence. Dans la mesure où les femmes vivent plus longtemps, elles sont plus susceptibles d’en être atteintes un jour.
Pour la grande majorité des individus, la maladie d’Alzheimer apparaît en raison d’une combinaison de facteurs de risque. Le vieillissement est le principal facteur. Les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’obésité, etc.) semblent également contribuer à son développement. Il est possible aussi que des infections ou l’exposition à des produits toxiques jouent un rôle dans certains cas. L’exposition à l’aluminium (présent dans l’eau potable, les outils de cuisine, les aliments, etc.) demeure cependant un facteur controversé. À ce jour, la plupart des études indiquent qu’il a peu d’importance.
Selon les recherches les plus récentes, il semble que la maladie survienne plus souvent chez des individus qui sont génétiquement prédisposés. En effet, les chercheurs ont découvert qu’environ 60 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont porteuses du gène Apolipoprotéine E4 ou ApoE4.
Il existe aussi des formes héréditaires de la maladie, mais seulement 800 familles ont été répertoriées dans le monde. Les enfants ayant un parent atteint de la maladie d’Alzheimer dans sa forme héréditaire ont un risque sur deux d’avoir eux-mêmes la maladie. Toutefois, même si plusieurs membres d’une même famille sont touchés par cette maladie, cela ne signifie pas forcément qu’il s’agisse de la forme héréditaire.
C’est le Dr Alois Alzheimer, un neurologue allemand, qui a donné son nom à cette maladie, qu’il a identifiée en 1906 au moment de l’autopsie d’une femme morte de démence. Il avait observé dans le cerveau de celle-ci des plaques anormales et des enchevêtrements de cellules nerveuses désormais considérés comme les signes physiologiques principaux de la maladie d’Alzheimer.
Voici trois phénomènes physiologiques qui se produisent dans le cerveau des personnes atteintes :
l’accumulation de protéines bêta-amyloïdes dans les régions corticales du cerveau. Ces protéines forment des plaques et finissent par tuer les neurones,
la « déformation » de protéines structurales (appelées protéines Tau). La façon dont les neurones sont enchevêtrés est alors modifiée, de l’inflammation.
Il n’existe pas encore de traitement qui puisse faire cesser ou renverser ces processus pathologiques.
La maladie d’Alzheimer se développe pendant plusieurs années. Sa progression varie beaucoup d’une personne à l’autre.
Elle apparaît généralement après l’âge de 60 ans. En moyenne, une fois qu’elle se déclare, l’espérance de vie est de 8 à 12 ans. Plus la maladie survient à un âge avancé, plus elle tend à s’aggraver rapidement. Lorsqu’elle se manifeste vers l’âge de 60 ans ou de 65 ans, l’espérance de vie est d’environ de 12 ans à 14 ans; lorsqu’elle survient plus tard, l’espérance de vie n’est plus que de cinq à huit ans.
Stade léger Des pertes de mémoire surviennent de façon occasionnelle. La mémoire à court terme, c’est-à-dire la capacité à retenir une information récente (un nouveau numéro de téléphone, les mots d’une liste, etc.), est la plus touchée. Les personnes atteintes tentent de pallier leurs difficultés en recourant à des aide-mémoire et à leurs proches.
À ce stade, il n’est pas certain qu’il s’agisse de la maladie d’Alzheimer. Avec le temps, les symptômes peuvent rester stables ou même s’améliorer. Le diagnostic se confirme si les problèmes de mémoire s’accentuent et si d’autres fonctions cognitives se détériorent (langage, reconnaissance des objets, coordination des mouvements, etc.).
Stade modéré Il est de plus en plus difficile pour les personnes atteintes de faire des choix; leur jugement commence à être altéré. Par exemple, il leur devient graduellement plus difficile de gérer leur argent et de planifier leurs activités quotidiennes. Elles ont de plus en plus de mal à apprendre et à retenir de nouvelles informations. Cependant, leurs souvenirs de jeunesse et d’âge moyen sont encore bien préservés.
Entre les stades modéré et avancé, il y a une période transitoire où des problèmes de comportement inhabituels surgissent parfois : par exemple, de l’agressivité ou un langage atypique ou ordurier.
Stade avancé À ce stade, une surveillance permanente ou l’hébergement dans un centre de soins devient nécessaire. Des problèmes psychiatriques apparaissent, notamment des hallucinations et des délires paranoïdes, aggravés par une perte de mémoire grave et de la désorientation. Les problèmes de sommeil sont courants. Les patients négligent leur hygiène corporelle et, s’ils sont laissés sans surveillance, ils peuvent errer vainement durant des heures.
La personne atteinte peut mourir d’une autre maladie à n’importe quel stade de la maladie d’Alzheimer. Cependant, dans son stade avancé, la maladie d’Alzheimer devient une maladie mortelle, comme le cancer. La plupart des décès sont causés par une pneumonie engendrée par la difficulté à avaler. (Les malades risquent de laisser entrer dans leurs voies respiratoires et dans leurs poumons de la salive ou une partie de ce qu’ils mangent ou de ce qu’ils boivent.) Il s’agit d’une conséquence directe de la progression de la maladie.
Symptômes
L’altération de la mémoire à court terme (nom des nouvelles personnes rencontrées, événements récents, etc.).
De la difficulté à retenir de nouvelles informations.
De la difficulté à exécuter les tâches familières (fermer les portes à clé, prendre des médicaments, retrouver des objets, etc.).
Des difficultés de langage (chercher les mots).
De la difficulté ou de l’incapacité à planifier (repas, budget, etc.).
Une perte graduelle du sens de l’orientation dans l’espace et dans le temps.
Un jugement affaibli.
De la difficulté à saisir les notions abstraites.
De la difficulté à reconnaître les gens.
Une mémoire à long terme atteinte (perte des souvenirs d’enfance et de l’âge adulte).
Des changements d’humeur ou de comportement.
Des changements de personnalité.
Des problèmes de langage.
Personnes à risque
Les personnes âgées de 60 ans et plus. L’âge est le principal facteur de risque.
Les femmes.
Les personnes qui ont un parent, un frère ou une sœur atteint de la maladie d’Alzheimer. Leur risque d’en être atteint à leur tour est accru de 10 % à 30 % par rapport au reste de la population.
Les personnes dont un parent est atteint de la forme familiale héréditaire de la maladie d’Alzheimer. Les enfants ayant un parent atteint ont une probabilité sur deux d’avoir eux-mêmes la maladie.
Facteurs de risque
Facteurs les plus importants
L’hypertension systolique.
L’hypercholestérolémie.
Un diabète mal contrôlé par la médication.
Le tabagisme.
Facteurs de moindre importance
Des traumatismes graves à la tête avec perte de conscience (survenant, par exemple, chez les boxeurs).
L’obésité.
Des antécédents personnels de dépression.
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